Aménagement d'un pôle intermodal tramway / bus & passerelle piétonne

M.O : Ville d'Hérouville Saint-Clair / Maîtrise d'œuvre / Concours restreint Hérouville Saint-Clair (14) / 2000 / avec Ramin Nahid architecte

Lieu d’échange intermodal, la place Saint-Clair est tout d’abord un espace pensé et dessiné par les services techniques en terme de flux, de gabarits et d’épures de giration. Ces logiques de déplacement (piétons, bus, autos, tramway) sont fondatrices. 
Le projet propose de conforter les qualités dynamiques inhérentes à ce lieu par des dispositifs ludiques les mettant en scène :
 

  • effets cinématiques (moirages et projections luminescente sur la membrane textile de la passerelle), 
  • réflexions, superpositions des plans (le mur colorimètre) 
  • jeux de couleurs (les abris dominos), 
  • anamorphoses (graphismes sur l’escalier monumental) 

sont ainsi conçus comme des jeux cinétiques. 

L’intervention s’articule ainsi principalement autour des trois entités :

Membrane de liaison

L’élément de liaison principal est un signal singulier qui s’adapte pragmatiquement aux contingences du site (hauteurs minimales requises, points d’appuis possibles). Cette passerelle est constituée d’une série de membrures elliptiques sur laquelle est mise en tension une membrane textile translucide. L’ensemble induit un effet cinématique de rotation et de torsion. En partie haute la texture étanche et translucide de l’enveloppe assure la couverture du cheminement. 

En partie latérale, ainsi qu’en sous face, une texture maillée offre vues, transparences, et protége efficacement du vent. Cette structure métallo-textile se prolonge au nord-est sur la toiture du bâtiment de la direction du travail jusqu’aux emmarchements d’accès. 

La journée elle attire l’œil par sa géométrie improbable, sont intériorité floue, sa transparence mouvante et cinétique, les effets moirés des croisements des plans et des textures. 
Le soir, une mise en lumière spécifique offre une nouvelle vision, jouant avec les propriétés physiques de la membrane textile et les profondeurs de champs.

Trois thèmes superposables et combinables permettent d’imaginer des scenarii multiples : peau opaque ou semi transparente (les faisceaux d’intensité variable frisent la surface de la membrane), peau disparaissante (une déclinaison de points ou lignes luminescents soulignent les ossatures et révèle les silhouettes mobiles des voyageurs et des passants), peau support (images mouvantes ou fixes, chromatismes, globos).

Abris-dominos

Sur les quais du tramway, six abris font l’objet d’un traitement spécifique. De conception minimale, ils sont constitués d’une ossature en acier et de panneaux vitrés colorés. Le soir ces abris luminescents participent à la mise en lumière de la place. Leur positionnement peut être éventuellement adapté aux exigences fonctionnelles.

Mur colorimètre

La paroi béton de soutènement existante reçoit en premier plan un ensemble de panneaux à transparence dégradée en vitrage feuilleté. La texture du mur béton inchangé reste visible au travers du vitrage. Le vide entre les deux parois permet la mise en place d’un éclairage spécifique qui peut être programmé aléatoirement et/ou relié à des capteurs photosensibles.
 
Enfin, des traitements complémentaires sont prévus pour adaptation à l’existant :

  • Liaison entre le haut de l’escalier monumental et l’esplanade Rabelais / Parvis du lycée hôtelier Rabelais : 
    Le revêtement en enrobé est conservé et complété. Il est réalisé une série d’incrustations d’éléments catadioptres et de marquages graphiques linéaires.
  • Soubassement de l’immeuble « Esplanade II » + garde-corps :  Une reprise à l’identique par panneaux de tôle laquée et garde-corps métalliques rouges est réalisée.
  • Escalier monumental : L’aspect « brut » existant  est conservé. Un traitement par bandes cinétiques en plexiglas couleur est réalisé sur les contremarches.
  • Accès à la terrasse du bâtiment de la direction du travail conçu par Jean Nouvel : 
    Des emmarchements sont créés au droit du talus existant épousant mimétiquement les formes courbes esquissées. Cet ensemble est protégé et signalé par l’extrémité Nord Est de l’enveloppe métallo-textile.
  • Espace multifonction :  Le mur courbe en pied de bâtiment est habillé par un tissu industriel métallique. L’ensemble est maintenu à distance par une série de montants métalliques verticaux et glisse sous la passerelle surplombant l’avenue de la Valeuse. Un éclairage standard extérieur propre à cet espace est placé dans le vide ménagé entre la texture et le mur. Le sol est en enrobé avec incrustations d’éléments réfléchissants en continuité visuelle avec le parvis du lycée.

Enfin, l’éclairage de la place est volontairement retenu pour donner à voir les objets lumineux structurants, soit :

  • la limite sud-ouest de la place matérialisée par l’habillage lumineux colorimétrique du mur de soutènement du parvis du lycée Rabelais.
  • les abris colorés luminescents sur les quais
  • l’enveloppe métallo-textile et son éclairage diffusant par delà le bâtiment de la direction du travail